18 janv. 2014

Dans la rue… William, Montréal

18 mai 2013


Il glisse la main dans la boîte aux lettres, rien. Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq marches. Premier palier. Deux portes closes. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Mathieu n'est sûrement pas rentré. Onze. Douze. Treize. Quatorze. Quinze. C’est la solitude qui doit l’attendre, les fesses bien calées dans le fauteuil à bascule du salon. Seize. Dix-sept. Dix-huit. Dix-neuf. Vingt. Un tour dans la serrure. Le grincement familier des gonds de la porte. Il traverse le couloir sans allumer les lumières. Il se rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, on était accueilli chez soi par le clignotement du voyant lumineux d'un répondeur. Il pousse la porte de sa chambre. Elle est sombre, silencieuse, immobile. « La solitude, c’est sans quoi on ne fait rien » a écrit Duras quelque part. Il se jette sur le lit, se blottit contre la solitude, mon amie la solitude, mon inspiratrice, et frissonne. Mon amie, tu es glaciale.

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