29 juin 2012

Dans la rue... Boyer, Montréal

30 mai 2012
30 mai 2012




Le téléphone sonne, je jette un coup d'oeil au numéro qui s'affiche. Je me demande si je vais regretter celui que j’ai laissé là avec son silence qui menace de le tuer et que peut-être ce n’est pas du tout ça mais je n’ai pas osé lui demander, regretter tous ceux à qui je n’ai jamais demandé les raisons de leur silence, et tous ceux à qui je n'ai rien dit.



Le téléphone sonne, mais je ne réponds pas. Je scrute les petites tâches qui parsèment les photos accumulées sur mon ordinateur. Je pense qu’on peut se lever tous les matins, manger, parler, sourire, et être mort quand même. Le téléphone sonne, je pense que je ne veux pas le quotidien qui s’effrite, les yeux qui cherchent par la fenêtre, les caresses à l’eau de javel, et bientôt on parle sans s’écouter, de ta journée et de la mienne, comme des agendas, avec des heures en début de phrases et une liste d’activités en point de forme.





On se dit non, non, attends, celui-là le mérite peut-être pas, comme si ce qu'on avait à donner était précieux. On prend les autres pour des cons, pire pour des salauds. On plisse les yeux, on voit du mal partout. Alors on leur tourne le dos. Alors on poursuit des fantômes et des fantasmes. On leur pose des questions. M’as-tu aimée ? M’aimes-tu ? Et ces questions s’énervent, folles de ne pas avoir pu être apaisées. Elles viennent frapper les nuques d’inconnus qui n’avaient rien demandé, m’aimes-tu ? m’a-t-il aimée ?, sans jamais se rassasier de la réponse car le véritable objet de cet amour est mort. On interroge le ciel, on fixe le bitume, on balance nos deux globes affamés en tout sens, m’a-t-il aimée ? Et, pour seule réponse, à jamais, l’écho de nos yeux qui rebondissent dans le vide et nous reviennent, ignares.

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